Versionfrançaise Rencontre Avec L’architecte D’intérieur Et Designer

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Né en 1955 d’un père marocain et de mère française, Jonathan Amar poursuit ses études à Paris où il s’intéresse aux arts décoratifs, à la photographie, à la mode et à la peinture. Mais c’est la folie des années 80 qui valent à Jonathan sa renommée internationale.

C’est aussi le début de ses amours lesbiennes, essentiellement platoniques, avec Gaby Bloch, qui fut un temps la maîtresse de la célèbre danseuse américaine Loïe Fuller, ou avec la chanteuse excentrique Marisa Damia qui ne se séparait jamais de sa panthère. Pour preuve de cette activité mondaine passagère (Eileen Gray finira sa vie dans la plus grande solitude, à Paris, dans son appartement de la rue Bonaparte), nous reste aujourd’hui un portrait rare réalisé par Berenice Abbott en 1926.

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«L’espace n’est plus pour Eileen Gray qu’une matière plastique qu’on peut transformer et modeler selon les exigences de la décoration (…), une atmosphère d’infinité plastique où les plans se perdent les uns dans les autres, où chaque objet n’est plus saisi que comme un élément d’une unité mystérieuse et vivante qui le dépasse.»

Bars ou restaurants, avec vous, on s’assied souvent sur des sièges en velours aux couleurs intenses… C’est vrai. J’adore le velours parce que c’est l’un des seuls tissus qui permette d’avoir des couleurs très fortes. Ni le coton ni le lin ne produisent cet effet. Le velours renvoie la lumière, ce qui donne un côté texturé, suggérant le confort, ce que j’aime bien.

Il aura fallu attendre l’an 2000 pour que la Villa E-1027 soit classée monument historique. Depuis, le Conservatoire du littoral et la commune de Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes, tentent de rassembler les fonds nécessaires aux travaux de réfection. Construite sur un terrain escarpé, dans la plus pure tradition moderniste, cette maison de bord de mer, toujours fermée au public, est pourtant le chef-d’oeuvre d’Eileen Gray, designer et architecte d’origine irlandaise, française d’adoption, qui fait aujourd’hui l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou. Livré en 1929, ce paquebot en béton armé construit sur pilotis fut aussi le terrain de jeu ultrasophistiqué de cette designer dont le souci du détail frisait l’obsession.

Oui, le mélange est important car il permet de casser l’uniformité d’un style constant. Non renouvelé, il devient ennuyeux. Personnellement je suis un fervent adepte du minimalisme que ce soit dans ma vie privée ou dans mon environnement.

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Vos créations débordent de créativité ET d’originalité. Où trouvez-vous votre inspiration?

L’escalier du Monte-Carlo Beach Hôtel (2009). Béatrice Amagat

C’est la consécration de trois années de travail, de recherche intense et d’investissement pour créer une ligne de produits, en série limitée moderne et raffinée.

Représentant en 1985 l’avant-garde du style baroque New Age et Ethno-Chic, à 30 ans à peine, il prend les rênes de la direction artistique des “Bains douches”, véritable institution parisienne devenue sanctuaire de la night life et repère de la jet-set planétaire.

Baptisé “Chambre à coucher boudoir pour Monte-Carlo”, ce showroom exotique et sobre à la fois détonne dans le paysage de l’époque. Eileen Gray y présente un lit-divan laqué noir sur pieds sculptés, mais aussi ses célèbres paravents de briques blanches et deux tapis bleu et brun. Si l’on y lit déjà les influences cubistes, constructivistes et celle du mouvement De Stijl dont Eileen était proche, on y trouve aussi, en germe, un certain goût pour le dénuement et le fonctionnalisme dont elle ne se déparera jamais.

Vous présentez actuellement “Pratique de la lumière et objet du mouvement” à Casablanca. Que représente pour vous cette exposition?

Début 2000, vous apparaissiez dans Vogue Paris sur une photo de groupe de designers français qualifié alors de « French Touch ». Referait-on cette photo en 2016 ? Oui, je m’en souviens. C’était une photo de William Klein sur le thème de « la grande famille du design ». La French Touch a rajeuni. On pourrait refaire cette photo aujourd’hui, mais n’y figureraient pas les mêmes personnes.

Ces années-là correspondent aussi à ses premiers pas dans ce qui deviendra son business principal : la laque, une technique d’une grande exigence pour laquelle elle s’associe les services d’un maître japonais, Seizo Sougawara. Jacques Doucet, couturier et grand collectionneur d’art moderne devient l’un de ses principaux clients. Cinquante ans plus tard, lors d’une vente de sa collection à l’Hôtel Drouot en 1972, le Paravent à quatre panneaux, la table Lotus et le guéridon Bilboquet atteindront des sommes importantes. Parmi les acheteurs se cachait Yves Saint Laurent dont l’extraordinaire collection, à sa mort, fera l’objet d’un déballage ultra médiatisé. En 2009, le Fauteuil aux dragons, gainé de cuir brun et d’accoudoirs laqués orangés, sera adjugé à 23 millions d’euros.

La Villa E-1027 c’est aussi, en condensé, l’histoire d’une femme architecte (deux qualificatifs rarement conciliables) qui traversa le XXe siècle et la Manche pour suivre une voie pas vraiment tracée d’avance. Celle d’une outsider qui ne cessa de s’extraire de son milieu d’origine (née en 1878 dans un manoir bourgeois du sud-est de l’Irlande, elle meurt en 1976 à Paris), de sa condition féminine et du rang déprécié des décorateurs d’intérieur. Solitaire, singulière, perfectionniste, Eileen Gray était sans concession.

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L’un des meilleurs souvenirs des “Bains Douches”, dont vous avez assuré la direction artistique?

Cette propension française à la narration correspond à votre habitude d’élaborer des scénarios pour vos projets. Vous rêviez d’ailleurs de devenir réalisatrice de films… C’est vrai. J’ai d’ailleurs fini par comprendre pourquoi j’avais tellement envie de réaliser des films. Je voulais raconter des histoires et pouvoir créer mon propre monde esthétique. Finalement, je me suis rendu compte qu’avec le métier que j’exerçais, ajouter une dimension narrative aux choses était possible. Avant de commencer un projet, je visualise toujours celui pour qui je vais travailler.

Les clients français ont-ils davantage peur de la faute de goût ? Pour les clients privés, j’ai une chance énorme. Ce sont des gens qui possèdent des univers très forts. Je n’ai même pas envie de rentrer dans des questions de bon ou de mauvais goût. Quand bien même j’avancerais dans un univers qui ne serait pas le mien, je lirais quelque chose, je saisirais une personnalité, une intention, peu importe laquelle. Le pire, c’est quand on ne ressent rien. Parce qu’une maison, c’est un lieu de vie. C’est ce qui m’importe le plus. Les gens avec qui je travaille savent ce qu’ils aiment. Ils sont tous plus ou moins collectionneurs, dotés d’un regard particulier sur les objets, le mobilier ou les œuvres d’art.

HuffPost Maroc: Vous êtes l’un des ambassadeurs de la culture et de l’artisanat marocain à l’étranger. Que représentent-ils pour vous?

Mais nous sommes encore dans les années 20 et Eileen Gray commence tout juste sa carrière d'”ensemblière”, préfiguration précoce de l’architecte d’intérieur. Car, bien plus qu’un artisan, Eileen Gray est avant tout une artiste qui met en scène ses objets et ses meubles dans des compositions savamment orchestrées, qu’elle photographie elle-même et d’où surgissent ici et là un livre ouvert, deux tasses de thé, un étui à cigarettes, une brosse à cheveux… Cet “art de vivre” transparaît entre les murs de la galerie Jean Désert qu’elle ouvre en 1921 rue du Faubourg-Saint-Honoré, et dans la scénographie qu’elle soumet en 1923 au Salon de la Société des artistes décorateurs.

La French Touch a-t-elle survécu à Internet et à la globalisation ? Oui, la French Touch existe toujours. Je n’arrête pas de dire que les Français ont un truc très particulier avec l’architecture d’intérieur. Ils créent effectivement des ambiances, mais le côté narratif est très fort dans leur façon de composer ces intérieurs. Cela fait partie de leur éducation. Il leur faut raconter des histoires, des lieux et des personnes. C’est quelque chose qu’ils font très bien. D’autre part, il existe en France une grande richesse en matière de savoir-faire, d’artisanat et de métiers d’art. Staffeurs, plâtriers, ébénistes, menuisiers, tapissiers, c’est vraiment une chance de les avoir. On ne s’en rend pas compte tant qu’on n’a pas travaillé ailleurs. Ils sont à la France ce que l’industrie du design est à l’Italie.

Fervent défenseur de l’art, de la culture et de l’artisanat marocain, ses œuvres mettent en lumière le savoir-faire ancestral des artisans du royaume. Fondateur de l’agence de design et d’architecture intérieure “Amar Studio”, il réalise et dessine des lignes de mobiliers décoratifs, luminaires et différents objets aux inspirations orientales, mauresques ou andalouses, fusionnant artisanat marocain et design contemporain.

Jonathan Amar: C’est une histoire d’amour qui a commencé dans les années 80 et qui ne s’est jamais ternie. Le savoir faire ancestral des artisans m’a donné l’envie de moderniser leur travail pour l’adapter à notre époque. Ce fut un travail complexe qui a finalement donné des résultats dans plusieurs domaines.  

Vos racines marocaines ont-elles été une force dans votre parcours créatif?

Vous êtes un adepte du mélange des genres. Comment réussissez vous à naviguer entre les styles sans jamais trop en faire?

Si vous étiez un film? “Superman” pour essayer de changer le monde.

expo Eileen Gray jusqu’au 20 mai au Centre Pompidou, Paris IVe, www.centrepompidou.fr livre Eileen Gray – Sa vie, son oeuvre de Peter Adam (La Différence), 472 pages, 45 €

C’est cette boule à facettes comme un miroir déformant tendu à l’oeuvre protéiforme d’Eileen Gray que Beaubourg, dépositaire d’une grande partie du mobilier, nous offre aujourd’hui. Au musée d’Art moderne de Saint-Étienne, c’est une autre femme designer, comète en orbite dans la stratosphère moderniste, qui fait escale le temps d’une exposition intitulée Charlotte Perriand et le Japon (du 23 février au 26 mai). Ces deux-là se sont croisées sans doute, sans jamais faire front commun face au cannibalisme de Le Corbusier. L’histoire de l’art se chargera, pour elles, de les remettre au centre du jeu.

Il n’y a pas un souvenir en particulier, toute l’époque a été un incroyable mélange de gens qui venaient d’horizons et de styles différents. Mais je garde le souvenir d’une soirée particulièrement mémorable: nous étions au bureau avec Harrison Ford qui était en tournage à Paris pour “Frantic” (1988) avec Roman Polanski, qui avait intégré des scènes aux “Bains Douches”. Là, arrive dans la foulée Mick Jagger, un ami de Roman Polanski, et 20 minutes plus tard Jack Nicholson, qui tournait “Batman” à Londres. Une soirée folle et mémorable.  

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Ce feuilleton, s’il souligne la perversité et la misogynie de Le Corbusier, en dit long aussi sur la place qu’occupe Eileen Gray, reconnue aujourd’hui comme une architecte majeure mais dont l’oeuvre fut longtemps sous-estimée. Une architecte qui construisit très peu mais conçut quantité de plans pour autant de projets fantasmés : Maison pour un ingénieur, Atelier pour deux artistes, Centre de vacances (dont Le Corbusier présenta un prototype dans son Pavillon Nouveau, lors de l’Exposition internationale de 1937). Mais Eileen Gray fut aussi et surtout une très grande designer, elle qui persévéra toute sa vie à brouiller les pistes entre mobilier et immobilier, entre aménagement d’intérieur et architecture.

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Vous présidez le jury de Design Parade Toulon, nouvelle manifestation consacrée non pas au design, comme à Hyères, mais à l’architecture d’intérieur. Pourquoi avoir accepté ? J’ai d’abord dit oui par amitié pour Jean-Pierre Blanc (directeur de la villa Noailles et organisateur de Design Parade, NDLR), mais aussi parce qu’il a déjà entrepris, à Hyères, avec Design Parade dans le cadre de la villa Noailles, un travail extraordinaire. J’approuve cette manière de mettre le pied de jeunes architectes d’intérieur à l’étrier. Le métier est difficile. Il n’y avait jusqu’à maintenant aucune manifestation pour eux. Ce travail est tellement lié à un lieu qu’il n’est pas facile de l’exposer. Là, ça se passe dans un hôtel particulier à l’abandon, que l’on investit tout l’été. Chacun des dix architectes d’intérieur aura sa propre pièce. Et l’entrée est libre.

Au même moment, signe de la relation ambiguë qui unissait Le Corbusier et Eileen Gray, faite d’admiration réciproque mais aussi de jalousie, l’architecte achète un minuscule terrain juste derrière la deuxième maison qu’Eileen fit construire, à Castellar (Tempe e pailla, détruite partiellement pendant la Seconde Guerre mondiale), pour y implanter son fameux Cabanon où il dessinera plus tard les plans de la ville de Chandigarh. “L’invasion de E-1027 par Le Corbusier se poursuivait”, écrit alors Peter Adam, allusion à la réalisation des cinq “unités de camping” et aux “deux bâtiments de deux étages, genre d’auberge sur pilotis” que l’architecte sème dans la région de Menton. Le dernier coup de théâtre aura lieu en 1965, à la mort de Le Corbusier qui se fera enterrer dans le cimetière de Roquebrune, l’Eldorado d’Eileen Gray.

Arrivée à Paris en 1902, après un passage par la Slade School of Fine Art à Londres, Eileen Gray fréquente la scène parisienne en compagnie de ses compatriotes anglo-saxons, la sculptrice Kathleen Bruce, la tisseuse Evelyn Wyld qui la met sur la piste de la fabrication de tapis aux motifs géométriques, ou encore l’écrivain ésotérique Aleister Crowley et le peintre Gerald Kelly.

La rencontre avec le client, c’est le moment déterminant ? Oui. Parfois, c’est l’architecte qui pousse. Il veut saisir pleinement cette opportunité. Un autre va aller jusqu’à réaliser un projet, en dehors de son client, pour récupérer trois bonnes photos et les publier. Moi, je distingue plutôt projet privé et projet public. Le projet privé, c’est un travail de portraitiste. On peut faire le parallèle avec le photographe dont la photo va d’une certaine façon ressembler à la personne qui pose. Différents éclairages sont apportés, une expression particulière est retenue. Vis-à-vis des clients privés, il y a tout un jeu. On les suit et on les surprend en montrant d’eux quelque chose d’inattendu. Le projet, je le fais pour eux. C’est un travail de service qui doit leur ressembler parce que je n’ai pas envie de me répéter.

Conçue pour son ami, l’architecte et critique Jean Badovici, éditeur de la célèbre revue L’Architecture vivante, la Villa E-1027 (“E” pour Eileen, “10” pour le J de Jean, “2” pour le “B” de Badovici et “7” pour le “G” de Gray) comprenait, entre autres trésors, des niches à chapeaux, un système coulissant pour les cintres, des paravents, du mobilier tubulaire, etc. Un inventaire à la Prévert, dont son biographe, l’ex-journaliste de la BBC Peter Adam qui se lia d’amitié avec Eileen Gray à la fin de sa vie, dira : “Ce ballet mécanique d’éléments pliants ou escamotables allait devenir une des caractéristiques du design d’Eileen Gray.”

Son style singulier et son brassage culturel mêlant techniques d’avant-garde et méthodes artisanales, font de chacune de ses créations de véritables œuvres d’art capables de traverser les époques et les cultures. Avec “Pratique de la lumière et objet du mouvement”, il signe une exposition qui s’articule autour de deux axes principaux: La lumière, une ligne composée de lampes articulées, ayant nécessité deux années de recherche et de développement, et La Bicyclette avec “Amar Cycles”, transformant le vélo en véritable objet design sans jamais perdre sa fonctionnalité. Rencontre avec un créateur aux milles facettes.

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Un projet que vous rêvez de faire? Participer à l’élaboration d’une ville nouvelle où l’écologie serait le moteur de sa conception.

Pour les chantiers publics, votre démarche est-elle différente ? Elle est un peu différente parce que j’ai l’impression d’y exercer un travail en trois dimensions afin d’y créer des lieux matérialisant des identités fortes. Si je prends les exemples du restaurant Sketch, à Londres, ou du Café français, à Paris, ce sont des lieux entiers avec leur personnalité propre.

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De votre amour du vélo est né le projet des Amar Cycles. Comment avez-vous imaginé ces bicyclettes d’un nouveau genre?

DESIGN – Il n’est peut-être pas le plus célèbre designer de la scène créative marocaine, mais il gagne pourtant à être connu. L’exposition de Jonathan Amar “Pratique de la lumière et objet du mouvement”, qui s’ouvre demain à Casablanca, tombe à pic pour mettre en lumière ce natif de Rabat et ses oeuvres originales. Le temps d’une exposition, l’Architecte d’intérieur et designer de génie s’installe ainsi à la galerie Venise Cadre, du 7 au 20 décembre pour présenter son projet et son univers. L’occasion rêvée d’aller à la rencontre d’un artiste hors pair.

Un bon projet, pour vous, c’est quoi ? Un bon projet, c’est un bon client. Avec certains, vous pouvez aller très loin. Avec d’autres, moins. C’est très variable. Donc, l’architecte d’intérieur fait de son mieux en permanence.

Le drame en trois actes qui se joua dans la villa de Roquebrune offre un éclairage en clair-obscur sur la place qu’elle occupait aux yeux de ses contemporains. En avril 1937, Le Corbusier, gourou en pleine ascension du mouvement moderniste et admirateur secret de la maison d’Eileen Gray et de Jean Badovici où il séjournait fréquemment, s’autorise à peindre huit fresques mi-cubistes, mi-constructivistes sur les murs blancs de la Villa E-1027. Trois ans plus tôt, Badovici avait invité Fernand Léger à investir l’un des murs de sa maison de Bourgogne à Vézelay, donnant ainsi, si l’on en croit la suite de l’histoire, des idées au grand Corbu.

Certains clients vivent des années dans l’intérieur livré, sans rien changer. Vrai ou faux ? C’est vrai. Je pense que le travail de l’espace est une chose que beaucoup de gens appréhendent parce qu’ils n’ont pas ça d’instinct. Quand on les accompagne, cela change tout. En fait, quand j’ai écrit mon livre Home, c’était pour dire aux gens qu’ils pouvaient voir leur maison comme une garde-robe, où tout ce qu’on y fait habituellement est aussi possible chez eux : ajouter des accessoires, changer, bouger, jeter, recouvrir ou mélanger cher et pas cher. Home est moins un manuel de décoration qu’un outil de travail pour ceux qui veulent changer leur intérieur. Je n’y donne que des conseils tirés de mon expérience.

Pour Eileen Gray, qui ne fut pas consultée, cet ajout haut en couleur et en connotations sexuelles s’apparenta à un véritable viol. Au sortir de la guerre, nouvel affront lorsque Le Corbusier – qui s’échina toute sa vie à “franciser” le nom d’Eileen, l’appelant tantôt Hélène, Ellen ou Éléonora – travaille à la première édition en sept volumes de son oeuvre éditée par Badovici. Sur de nombreuses images, Le Corbusier et sa femme posent dans la Villa sans que jamais le nom d’Eileen ne soit mentionné.

Les voyages, la confrontation de cultures différentes et la photographie. Mes premières expériences en tant que photographe dans les années 80 m’ont permis de visiter de nombreux pays et, plus tard, de créer des décors aboutis pour mes photos.

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Au Monte-Carlo Beach, dans la Principauté de Monaco, vous parliez de recherches en amont menées à l’instinct, avec du ressenti, des souvenirs et des balades. Est-ce bien rationnel ? Je pense que les vraies idées fortes viennent d’instinct. Au Monte-Carlo Beach, j’ai tout de suite vu que, dans ce bâtiment qui borde la mer le long d’une très jolie promenade allant vers La Vigie (nom de la villa de la princesse de Pless, médiatisée par Karl Lagerfeld, qui y habita dix ans, NDLR), il y avait un tout petit couloir pour accéder aux chambres. Je me suis dit qu’il était dommage d’entrer dans la chambre qu’on a louée par un couloir sombre, sans vue, alors qu’il est possible de passer par le côté tourné vers la mer. Les chambres deviennent alors des sortes de bungalows ouverts sur l’horizon. En se promenant sur place, on ressent forcément cette présence de la mer. Sur un plan, cette intuition peut venir, mais ce ne sera jamais pareil.

Architecte, décoratrice et designer, Eileen Gray est restée longtemps négligée par un monde réservé aux hommes. Son œuvre d’une modernité constante, fait l’objet d’une rétrospective inédite à Paris.

Focus sur l’industrie du design haut de gamme “Made in Morocco”

Lors de mes voyages à New York dans les années 90, je me suis aperçu que les coursiers utilisaient des vélos dans lesquels tout accessoire superflu était éliminé: un seul pignon fixe et, pour certains, même pas de freins. La pureté et la simplicité de ces vélos m’ont toujours fasciné et le “Fixie” est né de cette évolution. À l’époque, le “Montain Bike” était le vélo à la mode mais très peu pratique pour se déplacer en ville. La révolution de ce mode de transport est venue avec les “Vélib” en 2010 et a changé radicalement la manière d’appréhender les déplacements à vélos. Ce sont tous des facteurs qui m’ont progressivement donné envie de créer des vélos dotés d’une forte personnalité.  

Oui, tout à fait. Elles m’ont permis d’avoir des relations privilégiées avec les artisans.  

Cette période foisonnante correspond également à sa rencontre avec l’architecte et théoricien roumain Jean Badovici qui lui ouvre la voie vers l’architecture. Pressentant le potentiel d’Eileen Gray et sa capacité à déployer ce que le Centre Pompidou qualifie d’oeuvre d’art totale, il écrit à son sujet :

Quel artiste vous inspire le plus? L’architecte et designer danois Finn Juhl.

Nos artisans hautement qualifiés, des matériaux de qualités et des finitions sans compromis nous ont permis de créer une collection très innovante adaptée à notre époque avec l’intégration du meilleur des technologies aux normes internationales.

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